Luigi la Cometa

Par respect pour les concurrents de sa catégorie, performance 67 se doit de publier sa photo de face. En effet, ils ne sont pas nombreux ceux qui jusqu'aujourd'hui ont pu se targuer d'avoir vu son visage dans le retroviseur.
Le Kenyan blanc, Luigi ce petit napolitain au cœur gros comme l'Italie est malgré son âge un redoutable adversaire, même pour les jeunes, et ça tout le monde le sait! Petit par sa taille mais grand par sa personnalité, il fait partie de ces gens qui écrivent l'histoire du sport . 36'59" à 60 ans "Mama Mia "tel une Ferrari ",notre ami Luigi franchi les lignes d'arrivée. Plus que cela, il a l'art et la manière de le faire, puisque le bougre possède les capacités d'un finisher exceptionnel, ce qui n'en fini pas d'étonner les chronométreurs et de démotiver plus d'un de ses adversaires. (voir l'article ci-dessous de notre ami journaliste René Kuhn Dna 2002 ) reportage: Marcel Usselmann
Luigi Antonelli, le Kenyan blanc
A 61 ans,Luigi Antonelli, le Colmarien,écume les courses sur route en Alsace en catégorie vétérans 3 . Portrait.
Né en 1941 près de Naples, venu en France à Colmar en 1975,coureur à pied à succès depuis 1999,l'histoire de Luigi, surnommé le " Kenyan blanc " par son compagnon d'entraînement Michel Conrad, le secrétaire général des SR Colmar Football, mérite d'être racontée. En fait, sport et métier se sont souvent mêlés dans la vie du Napolitain. " J'ai longtemps travaillé dans un cirque, commence-t-il. J'y étais tireur d'élite et danseur de charleston. J'ai aussi fait du théâtre et conduit des bateaux en eau douce comme second du capitaine, sur le Mississippi par exemple. " Le charleston, ça nécessitait beaucoup d'entraînement physique, des footings notamment. Tenir une heure en scène en dansant, n'est pas à la portée de n'importe qui. Des sponsors le remarquent et lui proposent de courir durant les 10km au moins dans le premier marathon de New-York. C'était en 1969. " Ils m'ont payé 600 dollars, se souvient Luigi. J'en gagnais trois par semaine à l'époque. Je n'ai pas hésité une seconde pour accepter."
2h27' à New-York
Le bonhomme s'aligne au départ, fait ses dix kilomètres et même plus puisqu'il termine la course au 18e rang en 2h 27'11 pour sa première course de sa vie ! Il avait 28 ans ! " Je n'ai pas continué, car j'aimais trop le cirque ", dit-il avec un brin de regret dans la voix. Mais après avoir quitté les enfants de la balle, Luigi retrouvera le sport plus tard à Colmar. Comme arbitre de district (68) dans les années 1978-1979, comme boxeur et comme karatéka avec James, l'actuel coach des Arts Martiaux. " J'ai toujours fais beaucoup de sport et de footing pour m'entretenir. " En 1999, une fois en préretraite, Luigi, fervent lecteur des DNA dont il connaît notre confrère Alfred Wehrey, lui-même coureur à pied, répond aux sollicitations de Jerôme Ropers, Marc Kuster et Christian Foerry et se lance dans les courses sur routes. Il a 58 ans. " J'ai d'abord été licencié au CSL Neuf-Brisach, raconte t-il, mais depuis cette année, je cours avec une licence individuelle. Passé en vétérans 3 en 2001 (60 ans), j'ai gagné 41 courses sur les 44 disputées, terminé deux fois deuxième et une fois sixième lors du championnat de France sur route des 10km. "
Moins de 37' à 60 ans
Cette année, et après une opération subie en décembre dernier, il en est à cinq succès, trois en cross corpos et deux courses sur route dont Rosenau l'autre samedi. Mais ce qui est encore plus étonnant, ce sont les chronos qu'il réalise ; 36'59" l'an dernier sur 10 km ! il faut dire que le bonhomme ne rechigne pas à l'entraînement : " Je fais du sport deux fois par jour, sept jours sur sept. En moyenne 20 heures par semaine. De la course à pied évidemment, mais je fais aussi du vélo et j'ai un tapis roulant chez moi. Vous savez si un jour, je ne peux pas faire de sport, je suis malade. " Inutile donc de préciser que Luigi, qui adore l'Alsace et la région de Colmar, qui est marié et qui a trois enfants dont aucun ne court ( l'un joue au foot), qui n'aime pas courir en montagne (" j'ai trop peur d'avoir mal au genou malgré mon gabarit léger de 1,62m pour 49 kilos ") ,va encore écumer longtemps les courses sur routes en Alsace et alentours. " Mieux vaut souffrir en courant que mourir en buvant ", termine-t-il.
René Kuhn
Dernières Nouvelles d'Alsace Jeudi 11 avril 2002